Politique: Quand le sexe devient embarrassant le cas Laurent Gbagbo

 Politique: Quand le sexe devient embarrassant le cas Laurent Gbagbo

C’est avec stupeur que j’ai visionné trois (03) vidéos : deux d’Hanny Tchelley et une de Carole Ettioumou épse Sérikpa sur « Nady Bamba ». J’en ai souffert. Pourquoi ? Pas qu’il n’y ait pas de lumière, de vérité. Mais que nous en soyons arrivés là. Pendant une bonne partie de sa vie, Laurent Gbagbo a mis en place les conforts démocratiques de son pays. Pendant huit (08) années de sa vie, il a fait la prison à la CPI. Et c’est après son acquittement où sa côte d’estime monte que des conflits liés à sa vie privée, à ses femmes, viennent l’affaiblir et mettre en pièce tout ce qu’il a construit avec ses camarades de lutte pour sortir notre pays du sous-développement. Ce Parti, le FPI, instrument de combat hier redouté, traversé de petits courants proches de l’une ou de l’autre femme, peine à avancer. Et cela, à la grande joie du pouvoir Ouattara. C’est malheureux que le sexe puisse détruire les acquis démocratiques de la sorte ! Réflexion.

Avoir deux épouses relève de la vie privée du chef, mais quand leur gestion fragilise le combat commun… on doit s’inquiéter.

On est au cœur d’un sujet éminemment dévastateur : la place du sexe dans la politique. Autrement dit, dans le titre sexus politicus de Christophe Deloire, il est bien expliqué que bien souvent, les motivations de beaucoup de dirigeants sont extrêmement phallocratiques. Beaucoup de décisions politiques sont portées par des pulsions libidinales. Si bien que la place du sexe, comme on peut le constater dans nos pays, fragilise énormément nos acquis démocratiques. Presque toutes les décisions irrationnelles de bien de dirigeants, viennent de ce paterne. Certains hommes politiques ont utilisé le pouvoir pour la promotion du sexe. Ils ont conféré au sexe une place plus impressionnante. « Du jour au lendemain, je suis devenu puissant. J’avais le pouvoir et j’ai commencé à l’exercer dans mon voisinage immédiat, en détournant les femmes des gens, en couchant avec leurs filles, etc. », pourrait confesser un ancien homme puissant, ex ministre d’Etat. En clair, le sexe a prolongé mon action politique. On parlait même de stratégie d’implantation du Parti. Pour certains, il fallait donc implanter le Parti en multipliant les aventures avec les femmes. C’était donc  une bonne chose.

Mais aujourd’hui, on se rend compte que face à certaines crises, personne ne peut parler à personne, parce que, justement, personne n’a été un exemple. Parce que tout le monde se sentait en mission pour implanter le Parti et cela peut à tout moment lui sauter au visage. Dans ces conditions, si le chef fait des choix personnels liés à sa vie sentimentale qui impactent durablement la lutte, personne ne peut parler. Malheureusement. Et malheureusement, tous sont tributaires, prisonniers du jeu. On est rentré dans un jeu, et bien au contraire, ce sont les règles du jeu qui nous dominent. C’est ce que nous pouvons voir.

Laurent Gbagbo et sa seconde épouse Nady Bamba

La place du sexe dans la lutte politique est importante et le sexe peut faire perdre le pouvoir. Et ce fait amène certains partisans à la déception, estimant qu’ils n’ont plus de porteur de rêve, leur leader ayant succombé à la dictature des jambes. Leur souhait serait que leur leader puisse transcender les questions affectives et passionnelles. Et que la lutte même puisse transcender certains choix individuels. Certains partis politiques en sont victimes. Ils avaient paru très forts. C’était la conquête tous azimuts. Mais au finish, aujourd’hui, ce sont les libertés démocratiques qui sont tributaires d’autres choses, des facteurs irrationnels et qui sont liées à la vie des pulsions, des passions, à la vie affective. Et cela est extrêmement dommage.

Pourquoi le sexe est-il aussi destructeur ?

Dans l’ouvrage intitulé La dérive de l’Ambassadeur du journaliste Germain Séhoué, est pointée du doigt la question de l’homosexualité avec une composante, l’homosexualité rituelle. Et là-dedans, l’auteur démontre bien que, finalement, pour l’homosexualité, chaque homme, chaque jeune homme, chaque éphèbe, comme un arbre, une jeune pousse, est plein de vie, plein de sève. Et donc, la folie est de dire, par ce choix sexuel, la sève qui est destinée à alimenter la pousse, l’éphèbe, je la transpose sur moi et j’en retire un accroissement de pouvoir, de puissance, de jeunesse et de rayonnement. Ça, c’est ce qui est de l’homosexualité. Mais c’est vrai en général pour les questions de la sexualité. Ce sont des pulsions fondamentales. En clair, toute l’énergie créatrice s’exprime à ce niveau.

Si la présence autour de lui de deux compagnes peut apporter au chef plus de joie, d’inspiration et de victoire, qui va s’en plaindre?

Les rares personnes qui ont étudié la psychologie en profondeur, avec des soupapes de sécurité, soutiennent que ces pulsions s’expriment à ce niveau du bas étage et doivent être amenées à un niveau plus élevé. Donc la même pulsion que celle qui s’exprime en créativité, en écriture de roman, en choix politique, en choix stratégique, en construction de société. Donc tant que la pulsion ne va pas vers ces niveaux les plus élevés d’achèvement, elle se retourne et devient mortifère. Un peu comme le serpent qui se mord la queue. C’est une énergie qui est en vase clos où le sexe nous ramène dans les bas étages de notre être. Alors cette énergie devient une pulsion de mort. En d’autres termes : « Eros et thanatos ». « Eros », représente l’ensemble des pulsions de vie, des pulsions qui nous élèvent et nous amènent vers l’amour, l’amour de Dieu. Et « thanatos », c’est la pulsion de mort. C’est le symbole du désir et de l’amour charnel. C’est le signe de ses manifestations sublimées. C’est le rabattement des énergies vers le bas, vers l’élément mortifère, vers l’emprisonnement, l’enclos, vers le vase clos, vers l’enfermement. Et c’est malheureusement cela que nous constatons, ce rabattement à l’horizontal. C’est un combat, personne n’y échappe, y compris le chef religieux.

Laurent et Simone Gbagbo

Mais ce combat, il faut le mener. Il ne faut pas se sentir prisonnier. Le plus bel exemple, c’est celui de Nelson Mandela. Quand à un moment, Winnie Mandela est sortie de la lutte en trahissant les idéaux de l’ANC, et que Mandela, son mari, en a eu la preuve, il a pris ses responsabilités historiques. Cette épouse, cette amie, cette complice, cette sœur, cette militante, avait décroché par rapport aux idéaux de la lutte. Mais le plus bel exemple, en vérité, qui est à méditer, c’est quand le cercueil de Nelson Mandela a été exposé au Stade de Soweto devant 120 000 personnes, où Winnie Mandela s’est mise à genou, en demandant pardon à Nelson, à l’ANC, à tous les enfants de Soweto, pardon à toute l’Afrique du Sud :  « J’ai été votre Maman un moment, je n’ai pas su transcender mes pulsions personnelles ; j’ai trahi l’homme. Et en trahissant l’homme, j’ai trahi votre lutte. Et il a bien fait de me répudier, je le méritais. Je lui demande pardon, même dans le cercueil et j’espère qu’un jour, il sera clément. » Et elle s’est retournée vers l’épouse Gracia pour lui dire : « Tu es ma sœur, je te dis merci, ce grand homme avait besoin d’une femme idéale dans la lutte ; je n’ai pas pu être cette épouse, Dieu merci, tu as été là. Je te demande pardon et je te remercie. » Voilà comment elle s’est réconciliée avec toute l’Afrique du Sud. Exemple à méditer pour beaucoup de leaders, hommes et femmes, même si ici, le schéma n’est pas exactement le même.

L’histoire parle mieux que l’homme.

En conclusion, il faut sauver Laurent Gbagbo et le Front populaire ivoirien. Les sauver d’eux-mêmes. L’avenir de la Côte d’Ivoire se joue là. Sûrement. Parce que le Parti-espoir s’affaiblit. Et l’absence de communication du Woody de Mama sur ce sujet que la CPI ne l’interdit pas d’aborder, en rajoute. On comprend que le chef n’a pas fini de faire le ménage chez lui. Et cela nous coûte cher. Nous, partisans de la vision qu’il porte.

Source Horizontalinfo

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