Angola: Tribunal gel les avoirs d’Isabel dos Santos

 Angola: Tribunal gel les avoirs d’Isabel dos Santos

Le gel préventif de ses avoirs d’Isabel dos Santos, selon Jeune Afrique, écorne un peu plus l’image de businesswoman à succès que s’était forgée la fille de l’ex-président angolais. Laquelle a déjà lancé la riposte.

L’année 2020 commence mal pour Isabel dos Santos, huitième fortune africaine et fille aînée de l’ancien président angolais, José Eduardo dos Santos. Le 30 décembre, la justice a annoncé le gel de ses avoirs, comptes bancaires et participations dans plusieurs sociétés en Angola. Une mesure préventive visant à obtenir le paiement à l’État d’un préjudice estimé à 1,1 milliard de dollars.

Sacrée première Africaine milliardaire en 2013 et surnommée la Princesse durant les trente-huit ans du règne de son père, Isabel dos Santos vit des heures difficiles depuis l’arrivée au pouvoir, en 2017, de Joào Lourenço. Face à ce nouveau coup dur, d’autant plus sérieux qu’il a un fort retentissement médiatique, elle dénonce avec véhémence une « persécution politique».

C’est le tribunal provincial de Luanda, saisi par le service national de recouvrement des avoirs, qui la fait vaciller. Dans une décision de quinze pages, il explique ce qui lui est reproché: Isabel dos Santos s’est associée avec des sociétés publiques, notamment la compagnie pétrolière Sonangol, afin de créer des coentreprises. Or, pour financer ces opérations, elle s’est appuyée sur des prêts publics, dont les remboursements n’ont pas été honorés. Et c’est parce que l’État craint de ne jamais récupérer son dû qu’il a décidé de geler ses avoirs, ainsi que ceux de son mari, Sindika Dokolo, et de leur associé portugais Mârio Filipe Moreira Leite da Silva. S’ensuit la liste des actifs concernés, exposant d’une façon spectaculaire et inédite l’empire de la Princesse et sa maîtrise des sociétés holding: des participations dans neuf entités, du premier opérateur de téléphonie mobile Unitel à des banques (BIC, BFA) en passant par les médias, le ciment, la grande distribution et même la bière.

La riposte, menée dans les médias et sur les réseaux sociaux, n’a pas tardé. Se disant victime d’une« attaque nucléaire », Isabel dos Santos a déclaré au Financial Times préparer une contre-offensive judiciaire. Elle a contesté l’ensemble des accusations et a expliqué avoir remboursé en kwanzas à Sonangol un prêt de 75 millions d’euros, une opération bloquée par les autorités angolaises en raison du changement de devises. « Le président Lourenço mène une bataille contre l’ancien chef de l’État dos Santos », a-t-elle ajouté, pointant une« chasse aux sorcières aux motivations politiques » pour détruire l’héritage de son père.

Des éléments de langage repris par son mari, Sinkida Dokolo, qui a dénoncé une « cabale » et la volonté de « réécrire l’Histoire ». Tous deux n’ont pas manqué de souligner leur contribution à l’économie angolaise, selon un argumentaire bien rodé, rappelant que les sociétés d’Isabel dos Santos « emploient 20 000 personnes et ont versé 200 millions de dollars d’impôts à l’État».

Si elle se défend avec autant d’ardeur, c’est parce que la décision judiciaire affecte l’un de ses acquis les plus précieux: son image de femme d’affaires à succès. Face aux questions sur l’origine de sa fortune (estimée aujourd’hui à 2,2 milliards de dollars par Forbes) et aux soupçons de népotisme, elle a toujours opposé le récit d’une réussite méritée, obtenue grâce à un dur labeur et à des investissements avisés. « Je travaille tout le temps, sept jours sur sept, avait-elle déjà affirmé au quotidien britannique en 2013. Je vendais des œufs à l’âge de 6 ans. »

Cette déclaration avait suscité l’exaspération de la société civile angolaise, mais son image à l’étranger était demeurée intacte. Absente d’Angola depuis dix-huit mois, Isabel dos Santos avait par ailleurs pris soin de participer à de nombreux événements internationaux, du Festival de Cannes au Bloomberg Global Business Forum à New York, en passant par le Mobile World Congress de Barcelone ou le Forum Russie­Afrique de Sotchi. En fin de compte, son limogeage de la direction de Sonangol, en 2017, et la remise en cause de contrats ou de positions attribués à certaines de ses sociétés paraissaient donc avoir eu un impact limité.

Cette belle époque semble toute­fois toucher à sa fin. Le gel des avoirs pourrait avoir des conséquences au Portugal, autre place forte de la Princesse, actionnaire d’Eurobic (banque), d’Efacec (énergie), de Galp (pétrole) et de Nos (télécommunications). Isabel dos Santos est en outre toujours empêtrée dans un conflit d’actionnaires au sein d’Unitel, où elle croise le fer avec le brésilien Oi et Sonangol, se battant contre une décision d’arbitrage rendue en sa défaveur qui pourrait lui coûter cher. Alors que le procès pour fraude de son demi-frère José Filo1neno doit reprendre le 16 jan­vier, le dossier du gel des avoirs d’Isabel dos Santos devrait revenir devant la justice à la mi-mars.

Ce ne sera pas sa première bataille, mais sans doute l’une des plus importantes de sa carrière.

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StevHoinig
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